Thierry Bournonville

Dès mon élection au conseil municipal, en mars 2008, je me suis placé dans une démarche d'opposition constructive : pas d'obstruction systématique, mais de la vigilance concernant les dossiers municipaux. Mes priorités, définies alors, concernaient en premier lieu la qualité de vie, l'aménagement urbain et la gestion raisonnée du budget. Durant les six années de mon mandat, j'ai eu à cœur d'honorer la confiance placée en moi par 10 % des Franconvillois. J'ai défendu les valeurs de démocratie et d'humanisme, sans hésiter à m'élever contre les projets contestables de la municipalité.

Le Plan local d'urbanisme (PLU) définit l'aménagement du territoire de notre ville pour les prochaines décennies. Pour cette raison, il se doit d'envisager sérieusement les évolutions futures de notre société. Après avoir salué les bons débuts du projet, la démarche de consultation des habitants et les nombreuses doléances qu'ils ont exposées, j'ai néanmoins voté contre le document final proposé par la majorité. Cette position, que j'ai été le seul à défendre, repose sur trois constats sans appel :

  • une association de résidents du quartier de la gare, créée pour protester contre la défiguration du boulevard Berteaux, avait été traitée d'une manière inacceptable par la municipalité (lettre ouverte visant à l'intimidation, attitude méprisante des élus locaux face à une démarche citoyenne) ;
  • l'absence de véritable prise en compte du développement durable dans le projet proposé, et plus largement une vision à court terme, pour un document censé organiser l'urbanisme pour les 15 ou 20 prochaines années ;
  • l'absence de cohérence du schéma urbain établi par ce PLU.

Non seulement on reste dans une logique de quartiers, là où il aurait fallu penser la ville dans son ensemble, mais encore les règles instaurées ne peuvent mener qu'à une anarchie des constructions. Que les communes franciliennes soient amenées à construire de nouveaux logements n'est pas une mauvaise chose en soi. Ce qui est déplorable, c'est de faire preuve de laxisme dans l'implantation des nouveaux bâtiments : fragmentation de l'espace urbain, immeubles poussant çà et là, au gré des opportunités, et au final une triste impression de vivre à Bétonville.

Preuve de son manque de cohérence et de son caractère inabouti, le PLU a d'ores et déjà été modifié par deux fois depuis son adoption, en 2009 ! Il est symptomatique d'une cruelle absence de vision pour Franconville.

En 2011, la municipalité a décidé de vendre une partie du parking du CSL pour l'implantation d'un McDo. La présence de nombreux établissements scolaires à proximité a suscité l'interrogation de plusieurs associations de parents d'élèves, qui avaient décidé de manifester devant la mairie. J'ai porté devant le Conseil municipal ces inquiétudes légitimes, auxquelles le maire et ses adjoints avaient opposé une fin de non recevoir.

L'installation d'un fast-food (quel qu'il soit) sur Franconville n'est pas un problème. Au contraire : cela crée des emplois ! Mais laisser entendre, pour justifier son lieu d'implantation, qu'il est particulièrement judicieux d'avoir un tel établissement à deux pas de quatre écoles et d'un centre sportif, c'est faire preuve d'une inacceptable hypocrisie. C'est oublier qu'on mène depuis des années des actions pour « Bouger plus, manger mieux » ! C'est enfin sacrifier l'honnêteté intellectuelle à l'intérêt économique.

Thierry BOURNONVILLE
Conseiller municipal Agir pour Franconville